La vérité sur…

3 juillet 2009

…les cours de japonais pour étrangères.

Je ne devrais pas me plaindre. Obtenir une bourse, vivre un an au Japon aux frais de la princesse est un rare privilège.
Pourtant, du point de vue de mon cursus, j’ai l’impression d’avoir tout simplement perdu un an, mais il y a des compensations, bien sûr.

Et puis, quand on sait que dans certaines facs, les étudiants étrangers ont des cours en anglais et non en japonais, on se dit qu’on n’était peut-être pas si mal lotie à Kyôritsu.

Il n’empêche que les cours n’ont rien de formidable.

Déjà, au premier semestre, ce n’était pas bien fameux. Entre les cours de kanji (caractère chinois) de niveau 2ème année (je suis en quatrième…), et les cours de “conversation” qui consistaient à remplir des trous dans un dialogue, puis le lire à voix haute, on ne peut pas dire que c’était bien excitant.

Il faut dire que parmi nos “profs”, il n’y en a qu’une qui ressemble vraiment à une prof (je crois qu’elle fait actuellement son doctorat, ce qui est extrêmement rare -et mal vu- pour une Japonaise). Les autres sont des tutrices… des étudiantes, des “gamines” quoi. Toutes plus jeunes que nous, certaines intéressées par le contact avec les petites étrangères, d’autres peut-être plus intéressées par la paye…

Dans un cours avec l’une de ces tutrices, le but du jeu était de choisir un article de journal, de le lire dans son coin et d’écrire une petite rédaction sur le sujet, le tout en une heure (déjà bien trop long pour la tutrice, apparemment). Elle arrive toujours en retard, avec un “konnichi wa” incrusté dans un grand sourire hypocrite qu’elle ne garde jamais bien loin de son visage. Elle sort ensuite ses journaux (toujours le même, le Asahi shimbun que son père achète, probablement, car je la vois mal lire les journaux elle-même tous les jours), les pose sur le bureau avec les ciseaux et le grand sourire, et nous invite à nous servir.

Là, la technique pour en faire le moins possible, c’est évidemment de prendre tout son temps pour choisir. Ce n’est pas difficile, vu les sujets…entre les attentats et les conflits mondiaux, la grippe et les petites histoires des people du gouvernement, on ne se bousculait pas tellement…

Et puis, après avoir choisi un article (ça pouvait prendre déjà 10 minutes), on allait s’asseoir pour composer… pendant que la tutrice et le sourire prenaient place derrière le bureau. Ouf, ça y est, elle nous a fait choisir un article, son boulot est terminé !

Toutes les semaines, on a rendu une petite composition sur l’article de notre choix, en attendant vaguement qu’elle nous les rende la semaine suivante…sans résultat. Il a fallu que ma collègue suisse fonce dans le tas et réclame les corrections, pour qu’elles nous les rende la semaine d’après.

Je crois bien que j’ai failli rigoler quand elle nous les a rendues.
“C’est formidable, vous savez toutes bien écrire les kanji !”
Nous : sourire mi-figue mi-raisin
(Tu nous prends vraiment pour des connes toi…)
“…je les ai montrées à mes copines et elles ont dit la même chose !”

On s’est regardées (on n’est que trois, c’est facile), et tout était dit.
Déjà que ce n’était pas fameux, la crédibilité de cette fille en a pris un sacré coup. J’ai compris que pour elle, il s’agissait surtout d’occuper les petites étrangères, l’essentiel étant qu’on rende quelque chose comme preuve qu’on a travaillé (il faut bien qu’elle justifie son salaire auprès du bureau des relations internationales).

Elle nous a rendues quatre semaines de rédactions idiotes, qu’on a glissées dans nos sacs sans plus attendre (c’était l’heure de partir). Arrivée chez moi, un peu curieuse, j’ai regardé sa “correction”. Elle s’était contenté d’écrire une phrase de commentaire en bas. Aucune rature, aucune correction. Oh, sans rire, ma grammaire est parfaite ? Pensez-vous. Elle m’a tout l’air d’avoir rapidement survolé le truc, vu ses commentaires. Exemple : j’avais choisi un article sur le nationalisme montant en Chine. C’était plutôt intéressant. Ils avaient notamment l’intention de construire des navires de guerre et de leur donner des noms d’îles appartenant pour l’instant au Japon, mais dont eux, Chinois, revendiquent la souveraineté…bref ! Que croyez-vous qu’elle ait écrit en bas ?

“Je pense que la question du nationalisme est compliquée.”

Enfin, on (elle !) a fait pire la semaine suivante. Il y a des cours que l’on peut résumer en une image, et celui-là en faisait partie.

Origami

Elle nous a fait faire de l’origami…en se disant qu’on n’en avait peut-être jamais fait ? Essayait-elle de nous faire découvrir la culture japonaise ? O_O quand je pense à mes mille grues, je rigole…

Dans un autre genre, il y a une autre tutrice qui nous fait cours le vendredi. Au début du semestre, c’était amusant, car pendant les 2 ou 3 premiers cours elle ramenait des choses assez inattendues. Elle nous a appris les rudiments du kendô (un art martial où il faut se taper avec des épees en bambou, mais là c’était des épées en journal), et… ah oui. Elle nous a fait faire de l’origami, elle aussi…

Aujourd’hui, c’était lamentable. Elle avait à peine préparé son “cours”. Elle a bien passé au moins un quart d’heure à nous poser des questions stupides sur nos pays respectifs : “mais où habitait Marie-Antoinette avant d’être guillotinée ?” et “à Genève, est-ce qu’on peut s’approcher du siège des Nations-Unies ?”, ou, plus douteux : “j’aimerais trop voir l’endroit où habitait Anne Frank…j’ai pas lu le livre, mais ça m’intéresse beaucoup”…


“Shinjin’ensoukai”

15 mai 2009

Aujourd’hui, vous apprendrez comment je me suis retrouvée à représenter l’université Kyôritsu (“mon université”) lors d’un concours de koto… L’enjeu de ce concours n’était pas important, et c’est pour cette raison que l’on m’a demandé (ordonné ?) d’y participer. Il n’y avait d’ailleurs rien à gagner.

Corrigez-moi si je me trompe, mais il me semble que je ne suis jamais montée sur scène en France. N’ayant jamais fait ni théâtre, ni musique, ni chorale, ni danse… je n’en ai jamais eu l’occasion. Dire qu’il fallait que ma première fois ait lieu au Japon. Dire qu’il fallait que je parle français…devant un public de Japonais.

C’était il y a déjà trois semaines. Ce fameux shinjin’ensoukai (“concert de débutants”) dont on me parlait depuis longtemps. Ce dimanche-là, je suis allée à l’université Musashino avec la plupart des autres membres du club. Là-bas se réunissaient pour la journée les clubs de musique japonaise de 23 universités du Kantô (région de Tokyo).

Je devais jouer sur scène un morceau de 6 minutes, avec une sempai (terme qui désigne un aîné, un camarade ou collègue entré dans le club, l’école, ou l’entreprise une ou plusieurs années avant vous) dont j’ai déjà parlé je crois, Hikaru. Cette réunion étant faite uniquement par des étudiants, pour des étudiants, il n’y avait ni prof pour vous juger (seulement un jury d’étudiants en musique), ni public excepté les autres clubs participants. Aussi, l’ambiance était plutôt cool, et il était recommandé de faire un petit spectacle sur scène avant de jouer le morceau lui-même. C’est une heure avant notre passage que nous avons mis au point notre petit duo…

Double performance, donc double trac. Il s’agissait déjà de faire rire la salle avec notre spectacle. Le deuxième challenge, et non le moindre, était de jouer avec le moins d’erreurs possible…

Mais voici deux ou trois vidéos…ah, évidemment, quand ce n’est pas mon appareil qui s’occupe de couvrir l’évènement, la qualité n’est pas la même :D

Notre arrivée sur scène…

Bah oui, évidemment que j’ai honte ! Nan mais vous avez vu ça ? Lamentable.
On avait décidé d’arriver en imitant vaguement des tornades. Pourquoi ? Simple. Tant que je tournais, on aurait difficilement pu déceler mon européanitude. Il fallait garder le suspense… Et croyez-moi, j’ai fait sensation. Les pauvres, ils ont du se dire “oh my god, elle va vraiment jouer du koto ??”

Le petit spectacle que nous avions mis au point ne durait guère que 3 ou 4 minutes. Je parlais français (“fais des phrases longues, raconte n’importe quoi, ce qui te passe par la tête, de toute façon personne ne comprend”), et Hikaru faisait semblant de traduire… pour ma première réplique “je suis étudiante à Kyôritsu. Avant j’habitais Paris, pendant trois ans, et j’y ai appris le japonais, blablabla”, Hikaru a traduit “ah, heu…oui. Il parait qu’en France, il y a du vin qui sort des robinets”, et autres foutaises. Je ne vous montre pas cette vidéo, qui n’a aucun intérêt si vous ne comprenez pas le japonais…et puis surtout, j’ai honte tellement j’ai l’air minable…ne m’en veuillez pas.

En fait, les vidéos suivantes sont aussi minables, mais bon, allez, mon premier passage sur scène !  Mon jeu était tout à fait pourri, mais ne vous moquez pas trop. J’aimerais bien vous y voir.

J’ai fait de mon mieux, mais c’était quand même pourri. Voici une photo sur laquelle j’ai l’air de maîtriser mon truc et d’avoir presque la classe, mais en fait c’était pas du tout ça.

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J’étais la seule  non-asiatique de la salle (il y a toujours deux trois Coréennes et Chinoises par-ci par-là), cela va sans dire. Et comme pendant notre petit spectacle je n’avais parlé qu’en français, j’ai étonné tout le monde quand on a du passer devant la scène et répondre à des questions. On me pose timidement une question simple, avec l’air de dire “hum, va-t-elle comprendre mes paroles ?”, et je réponds… “watashi wa…” ce qui signifie simplement “je…”, quand partout dans le public j’entends des “oooooooh”. Genre “oh, mais elle parle ?”. Sans rire ? Vous savez pas la meilleure ? Je sais lire, aussi.

Heureusement les questions n’ont pas duré longtemps. Je suis retournée honteusement m’asseoir avec les filles du club, et on a écouté les prestations des autres clubs jusqu’à la fin. C’est qu’après ça, le jury délibérait, pour attribuer des prix (au Japon, on adore attribuer des prix pour tout et rien, dès l’école primaire). Prix de la meilleure interprétation musicale, prix d’encouragement (“encore un effort !”)… et prix pour la performance, le show d’introduction.

Hikaru s’attendait à obtenir un prix d’encouragement et a d’abord été très déçue…mais s’est vite reprise en entendant le nom de Kyôritsu cité parmi les trois prix pour le show ! J’aurais du m’en douter ! Non que c’était spécialement drôle (enfin peut-être que si, du point de vue du public), mais je crois qu’ils ont surtout voulu me récompenser d’avoir participé…parce qu’une blanche qui joue du koto, ils ne doivent pas en voir souvent…

Du coup, je n’ai pas eu d’autre choix que de descendre sur scène pour recevoir notre joli diplôme…quelle honte. Mais tout le club était drôlement content, c’est le principal. C’est bien la première fois que j’avais le sentiment d’avoir fait quelque chose pour contribuer à la victoire d’un groupe…

Et c’est de fort bonne humeur que nous avons quitté l’université Musashino.

J’en profite d’ailleurs pour dire (même si tout le monde s’en fout) que le club de koto de Kyôritsu a retrouvé une nouvelle jeunesse ! En effet, vous n’ignorez pas que la situation était préoccupante, du fait du manque de jeunes recrues. Sachez que depuis la rentrée (avril), une dizaine de filles de première et deuxième années ont décidé d’intégrer le club ! C’est sûrement le résultat de nos efforts acharnés en matière de distribution de tracts… et non ma performance dans le hall de la fac par un riant après-midi, qui a attiré autant de gens…


Les clubs d’université

17 avril 2009

Ceux qui ont un peu étudié le Japon connaissent bien les notions de uchi (l’intérieur) et soto (l’extérieur). Si on ose caricaturer, on peut dire que ces notions sont la base même du fonctionnement de la société japonaise. Je m’explique.

Au Japon, il y a l’intérieur, le soi, le groupe (famille, club, cercle d’amis, société…) dont on fait partie, et le reste, le soto. On se comportera donc différemment avec les gens qui font partie de notre groupe, et ceux qui n’en font pas partie.

Faire partie d’un club d’université au Japon permet de bien comprendre ces notions.

Récemment, j’ai eu pas mal de choses à faire avec mon club de koto. Car en avril, c’est la rentrée. Il y a donc des nouvelles première année, et une journée est organisée pour leur permettre de découvrir les clubs…et choisir ensuite celui (ou ceux) qui les intéresse le plus. La présentation comportait un mini spectacle sur scène (dans la graaaaaaande salle de théâtre, propriété de la fac, qui est riche comme chacun sait) avec une courte prestation de chaque club. Moi-même, je ne jouais pas, bien sûr (je n’aurais pas donné envie à grand monde d’entrer dans le club O_o), mais j’aidais à diverses choses.

Pendant la préparation dans une salle de classe, j’ai pris quelques photos…tentatives de portraits ratées, et puis simplement des souvenirs de mon club chéri.

Hikka-Hitomin-Asachan

Kyan-Hikka

Hitomin

Asachan

A côté de nous, le club de…mode. Pas vraiment le même style que nous, elles ont passé leur temps à jacasser tout en se coiffant et maquillant mutuellement…

Fashion

La prestation de notre club s’est bien passée. Je n’avais pas mon appareil photo sur moi, c’est bien dommage. Mais j’ai récupéré une photo de piètre qualité sur le blog du club.

Concert koto

Comment ça, un garçon ? Dans une université pour filles ??? Ooooooohhhhh
Keita joue du shakuhachi, il vient d’une université toute proche. On l’embauche de temps en temps pour nous accompagner.

Faire partie d’un club, c’est aussi faire de la propagande auprès des jeunes. En vérité, le club de koto ne va pas très bien…il manque cruellement de nouvelles recrues. Que voulez-vous, la jeunesse ne s’intéresse pas à la culture de son propre pays…et préfère entrer dans le club de pom-pom girls ou de danse fla (Hawaï, le rêve de toute Japonaise…ou presque). C’est bien triste…

En tout cas, en regardant les prestations des autres groupes, j’ai pensé que, contrairement à ce qu’on peut penser, les jeunes Japonaises se montrent extrêmement motivées quand il s’agit de leur club.  Ah, si la jeunesse japonaise se montrait aussi motivée pour résoudre certains problèmes de son pays !…


Journée d’Appel à la Préparation aux Séismes

21 décembre 2008

Ce week-end, l’université Kyôritsu nous a convié à 4 heures passionnantes de sensibilisation aux alertes incendie et aux séismes.
Après une partie théorique, la partie intéressante. Depuis longtemps, je voulais faire l’expérience de ce camion simulateur de séisme.
(Les photos d’aujourd’hui viennent d’internet)

Simulateur de séisme

On monte là-dessus et en voiture Simone ! En quelques secondes, on passe de l’état normal à magnitude 7 sur l’échelle de Richter. Faut avouer, quand on fait ça avec trois bonnes copines, c’est plutôt fou rire assuré. Dans la vraie vie, j’imagine qu’on rigolerait moins, mais bon, en attendant, c’est drôle.
Je dois dire que des séismes, je n’en ai pas connu beaucoup dans ma vie. Je crois bien que je n’en ai senti qu’un depuis que je suis ici, et ça fait un petit moment déjà. C’était un dimanche matin vers 7h, j’ai été réveillée en sursaut, sans comprendre pourquoi pendant quelques secondes. Après que davantage de connexions neuronales se sont mises en place (y’a pas d’erreur de conjugaison là, hein ?), je me suis rendue compte qu’il y avait un truc bizarre car mon armoire métallique tremblait inhabituellement. J’ai du me dire quelque chose du genre “ah, tiens, un tremblement de terre”, et je me suis rendormie.
Rien de bien excitant! Mais le Japon est dans l’attente du gros séisme qui revient soit-disant régulièrement (une fois tous les 100 ans ? Je ne me rappelle plus bien). La dernière fois, c’était en 1923 dans la région de Tokyo, bilan : plus de 142 000 victimes.
Mais de nos jours, heureusement, le Japon est bien mieux préparé aux séismes. Tout n’est pas rose, j’ai entendu parler de scandales autour de buildings qui ne seraient pas aux normes anti-sismiques, mais globalement les constructions japonaises ont l’air de bien tenir.  Bon, je  n’y connais pas grand chose comme vous voyez.
Bref. Après notre petite expérience dans le simulateur, nous avons reçu du maquereau en conserve… ^^;
Ensuite, nous avons testé les extincteurs, la “maison enfumée” (煙ハウス) et la grande échelle des pompiers. Le coup de la maison enfumée, c’est pareil, c’est rigolo quand c’est un jeu, évidemment la fumée n’a rien de toxique… au fait, ça existe en France ça ? Le but du jeu est de ramper dans cette tente labyrinthique remplie de fumée sucrée.

Kemuri-house

Finalement, je ne partais pas très motivée pour cette journée, mais pour parler sérieusement, j’ai trouvé ça très bien. Dans un pays menacé par les séismes, les tsunamis, les typhons et les chutes de neige, c’est bien la moindre des choses que de préparer son peuple. Je suis peut-être crédule, mais en ce qui me concerne, j’ai totalement confiance, j’ai l’impression que le Japon peut faire face à toutes les situations.


Kyôritsu, c’est trop bien T_T

4 novembre 2008

Jusqu’à samedi, je n’avais pas internet dans ma chambre. Le problème étant résolu, je n’ai plus aucune excuse. Je me dois de vous parler de mon environnement…d’études ? ahem.

Au début, ah, que j’étais motivée ! Je pensais prendre plein de cours, car oui, j’ai le choix entre des tas de cours qui ont l’air plutôt alléchants pour certains.
Je pensais pouvoir me remettre au dessin…

C’était il y a quelques semaines déjà…je m’étais décidée à aller devant la salle de cours pour attendre le (ou la) prof de dessin, en l’honneur duquel j’avais préparé un petit speech “voilà, je suis étudiante dans la section je ne sais quoi, mais je suis aussi intéressée par le dessin, et blabla”. Première surprise, le prof en question est un vieux schnock pas très aimable dont je comprends à peine le japonais…mais bon, il me (nous, car Bakumyna m’accompagnait), je disais donc, il nous a laissées entrer dans sa classe.
Au milieu, une estrade. Autour, des étudiantes avec leur petit chevalet, leur tabouret, et tout leur attirail de dessin. Sur l’estrade, une jeune femme…dans le plus simple appareil… “hum, pour quoi je suis venue, déjà ?”.
Une fois cette surprise passée, c’est un ennui mortel qui s’est abattu sur Bakumyna et moi. Non, sans blague, j’avais envie de rire. Les étudiantes ont commencé par dessiner le modèle pendant 20 minutes. Puis, 10 minutes de pause, pendant lesquelles le modèle se dégourdit un peu les jambes. Puis c’est reparti pour 20 minutes de pose, puis 10 minutes de pause…(haha). Et là, vous me demandez : bon, c’est bien, et le prof, il intervient quand ?
C’est là le hic. Ok, on est parties avant la fin du cours (après 3 séries, soit 90 minutes de torture, imaginez). J’ose espérer qu’à la fin du cours, il donne des conseils à ses étudiantes pour qu’elles s’améliorent. Mais j’en doute. S’il devait le faire, ne le ferait-il pas pendant qu’elles crayonnent, pour corriger leurs erreurs immédiatement ?…

Il y a des choses que je ne comprends pas. Parfois, avant le cours, les profs font l’appel. Du moins, quand il n’y a pas trop de monde dasns la classe. Eh bien, c’est incroyable le nombre de filles qui sèchent les cours. Surtout le cours de traduction française…mais je les comprends un peu. Cela dit, c’est quand même étonnant. Pourquoi payer des frais d’inscription aussi chers si c’est pour ne pas venir aux cours ?…

Je vous ai parlé des séances de maquillage ? ça me choquera toujours. Non, mais attendez, si c’était une fac mixte, je comprendrais encore. Mais là, pour qui se maquillent-elles ? Et toujours, entre les cours, voire pendant, on en voit sortir leur panoplie complète de parfaite petite poupée, et vas-y que je te remette un coup de mascara, et, oh, mon dieu, j’ai un cil désaxé, et oh, là, dans mon sourcil droit, j’ai un poil qui dépasse, vite !

Et tout ça pour rien, car dans la plupart des cas, ces filles ne brillent guère par leur beauté. Ah, ça y est, voilà que je dis des méchancetés ! Tssss…

Je tiens à ajouter que toutes ne sont pas comme ça. Par contre, ça concerne quand même au moins 70% des étudiantes.

Oh, pendant que j’y pense, les fameux sacs Vuitton…non, ils mériteraient un post à eux tous seuls. Si je pouvais prendre en photo tous ceux que je vois…que n’ai-je, comme elles, un portable ultra-sophistiqué en guise de prolongement de l’avant-bras…
Je peux au moins vous en parler. C’est quand même un phénomène extraordinaire. Vous entrez dans le hall de Kyôritsu le matin, et je vous assure, il ne vous faudra pas 5 minutes pour tomber sur un Vuitton. Mais quel manque de goût, par contre… déjà, le sac en lui-même, c’est pas fameux, comment dire, c’est légèrement lassant. Mais, ah, c’est classe !

Sauf peut-être quand on y accroche une sorte de gros porte-clés rose en vulgaire plastique, qui plus est en forme de coeur ! De la camelote pareille, sur un sac de luxe ? Voilà bien une marque du très fameux bon goût japonais. Et encore, ce n’est rien, quand on voit comment sont habillées certaines heureuses détentrices de sac Vuitton : des froufrous, des chaussettes criardes, des couleurs de cheveux douteuses, bref tout et n’importe quoi ! J’en ai vu une dans le métro qui combinait Vuitton et jeans troué…

Roh, encore des méchancetés ? Quand je m’y mets, je ne m’arrête pas. Mais tiens, je vais mieux tout à coup, de vous en avoir parlé, ça me remet les idées en place.

Kyôritsu, c’est trop drôle !