Le Japon…le vrai !

27 mai 2009

Le week-end dernier, comme annoncé dans mon précédent article, je suis partie passer deux jours en rase campagne, où vivent l’oncle de Shin et sa famille, ainsi que sa grand-mère.

Ayant décidé que le Shinkansen, c’était quand même bien de l’arnaque, nous avions opté pour le bus de nuit. Celui-ci partait vers 22h20 de la gare de Tokyo (enfin, par là-bas).
Bus tout à fait charmant, il faut dire. Voyez plutôt.

Siege

Siège mou et inclinable, visière repliable et oreiller amovible, nous étions censés passer une nuit confortable. En ce qui me concerne, il n’en fut rien.
Car oui, notre destination n’était pas si lointaine que ça ! Même en bus, il faudrait environ 4h. Mais avez-vous envie d’arriver à 2h du matin ? Non. Voilà pourquoi des pauses étaient prévues sur des aires d’autoroutes… Pauses qui duraient 45 minutes ! Et à chaque fois, bien sûr, vous vous réveillez car ils rallument toutes les lumières…
Bref. 10 000 yens en Shinkansen, contre 6 000 yens en bus, le choix devrait être vite fait. La prochaine fois, j’y réfléchirai quand même à deux fois.

En tout cas, nous sommes arrivés en vie mais fatigués, à 5h50, à la gare de Toyota-shi, à l’est de Nagoya. C’est là qu’est le siège de la célèbre entreprise qui a d’ailleurs donné son nom à la ville. Avant, y’avait rien.
De là, il a fallu prendre un train…puis un bus (du genre bus de la campagne qui passe toutes les heures. Mais qui  au moins n’arrive pas en retard).
Là, l’oncle de Shin vient nous chercher en voiture, et nous emmène chez lui. Le paysage vu de la maison est…bah. Inhabituel. A Tokyo, j’ai une vue sur des appartements, comme tout le monde.

Vue

C’est drôlement bien ! Ah, on va pouvoir se reposer en pleine nature, jouir du chant des rossignols, écouter le bruit du vent dans les arbres… se ressourcer quoi !

Tu parles ! A peine arrivés, on repart, direction l’école du cousin de Shin, qui est en primaire…car c’est la journée de, comment pourrait-on dire ? une sorte de rencontre sportive intra-scolaire nommée en japonais undôkai. Pour une journée, les enfants participent à des sortes de jeux de courses, de relais, de lancer de balles dans un panier…

Autrefois, il y avait plein d’enfants dans les écoles. Mais vous savez ce que c’est… de nos jours… les écoles de campagne ferment. Celle-là tient le coup, mais les enfants sont quand même très peu nombreux. Du coup, on fait participer les familles ce jour-là. Et bien sûr, il fallait qu’on sollicite ma participation. Je n’en parlerai pas ici, ça n’a aucun intérêt. Sachez que le lendemain je me suis réveillée avec courbatures et coups de soleil (il faisait 28°C sous un ciel sans nuages…).

A part faire les clowns, nous sommes allés voir un petit sanctuaire (ou était-ce un temple ?) tout proche de l’école. Il y a aussi des rizières, c’est tout joli…

Jinja

Riziere

Riziere2

C’est agréable de voir la nature, les fleurs, les fourmis…

Coccinelle

Dimanche, l’oncle de Shin nous fait le plaisir de nous emmener à l’entraînement de taiko du club dont il fait partie. Le taiko ? C’est le terme qui désigne les percussions japonaises. J’ai honte d’avouer que je n’en sais pas beaucoup plus. Ils sont souvent utilisés dans les festivals japonais. Je crois.

Taiko

Je ne prends pas de vidéo de leur performance, c’est malpoli… je chercherai un vidéo sur internet si j’en ai le temps, ça remplira un peu ma catégorie “musique”.

L’après-midi, un autre cousin de Shin passe nous voir et nous emmène en voiture jusqu’au village (30 minutes à pieds, quand même). Là-bas, il y a un endroit tout joli et apparemment assez connu dans toute la préfecture d’Aichi. Il y a une foule d’érables (momiji) sur les rives de la rivière, et en automne le lieu est parait-il très fréquenté ! Il s’y tient même un matsuri (festival).

Kourankei

Kourankei2

Lundi matin, il fallait déjà repartir… partis de la maison à 10h, nous sommes arrivés à Tokyo vers 17h…

J’ai condensé un peu car si je me lance, j’écris un roman. J’ai fait des tas de choses passionnantes ce week-end, rencontré des gens amusants, des gens cons aussi…j’ai mangé des trucs bons, et des moins bons.
Mais il faut que je garde des choses amusantes à vous raconter en rentrant…n’est-ce pas ?


Senbazuru

21 mai 2009

Ca fait déjà une semaine que j’ai terminé mes mille grues.
Il faut croire que je suis vraiment occupée…
En tout cas, ce week-end, je le suis, car je m’en vais dans la campagne, la vraie ! Paraît qu’il y a des champs et qu’on va m’y embaucher.
Donc, comme je ne reviens pas avant lundi, je vous montre mes petites grues maintenant.

Senba1

Senba2

Senba3

Senba4


Glay

17 mai 2009

La dernière fois que j’ai parlé de musique japonaise, j’ai cru bon de vous présenter les Johnny’s, qui sont, qu’on le veuille ou non, un élément important de la culture japonaise contemporaine.

Aujourd’hui je récidive en vous présentant un groupe que j’adore. C’est du rock, mais du gentil.

Glay existe depuis 1988…et est toujours en activité, bien que très peu présent dans le paysage musical.

Difficile de se limiter, mais je choisis trois clips parmis mes préférés… donc, si vous avez le temps…merci pour eux ^^

Winter again en vaut la peine pour deux raisons. D’abord, elle est vraiment belle à écouter, même si on ne saisit pas le sens (d’ailleurs, je ne capte que quelques mots par-ci par-là), et puis, les lentilles bleues, y’a pas à dire, c’est la classe ^^;

Et ne me dites pas “c’est bien beau, mais on comprend rien”, car une grande partie de ceux qui écoutent de la musique américaine n’y comprennent rien non plus… ce qui n’a jamais empêché personne d’apprécier la musique :)


“Shinjin’ensoukai”

15 mai 2009

Aujourd’hui, vous apprendrez comment je me suis retrouvée à représenter l’université Kyôritsu (“mon université”) lors d’un concours de koto… L’enjeu de ce concours n’était pas important, et c’est pour cette raison que l’on m’a demandé (ordonné ?) d’y participer. Il n’y avait d’ailleurs rien à gagner.

Corrigez-moi si je me trompe, mais il me semble que je ne suis jamais montée sur scène en France. N’ayant jamais fait ni théâtre, ni musique, ni chorale, ni danse… je n’en ai jamais eu l’occasion. Dire qu’il fallait que ma première fois ait lieu au Japon. Dire qu’il fallait que je parle français…devant un public de Japonais.

C’était il y a déjà trois semaines. Ce fameux shinjin’ensoukai (“concert de débutants”) dont on me parlait depuis longtemps. Ce dimanche-là, je suis allée à l’université Musashino avec la plupart des autres membres du club. Là-bas se réunissaient pour la journée les clubs de musique japonaise de 23 universités du Kantô (région de Tokyo).

Je devais jouer sur scène un morceau de 6 minutes, avec une sempai (terme qui désigne un aîné, un camarade ou collègue entré dans le club, l’école, ou l’entreprise une ou plusieurs années avant vous) dont j’ai déjà parlé je crois, Hikaru. Cette réunion étant faite uniquement par des étudiants, pour des étudiants, il n’y avait ni prof pour vous juger (seulement un jury d’étudiants en musique), ni public excepté les autres clubs participants. Aussi, l’ambiance était plutôt cool, et il était recommandé de faire un petit spectacle sur scène avant de jouer le morceau lui-même. C’est une heure avant notre passage que nous avons mis au point notre petit duo…

Double performance, donc double trac. Il s’agissait déjà de faire rire la salle avec notre spectacle. Le deuxième challenge, et non le moindre, était de jouer avec le moins d’erreurs possible…

Mais voici deux ou trois vidéos…ah, évidemment, quand ce n’est pas mon appareil qui s’occupe de couvrir l’évènement, la qualité n’est pas la même :D

Notre arrivée sur scène…

Bah oui, évidemment que j’ai honte ! Nan mais vous avez vu ça ? Lamentable.
On avait décidé d’arriver en imitant vaguement des tornades. Pourquoi ? Simple. Tant que je tournais, on aurait difficilement pu déceler mon européanitude. Il fallait garder le suspense… Et croyez-moi, j’ai fait sensation. Les pauvres, ils ont du se dire “oh my god, elle va vraiment jouer du koto ??”

Le petit spectacle que nous avions mis au point ne durait guère que 3 ou 4 minutes. Je parlais français (“fais des phrases longues, raconte n’importe quoi, ce qui te passe par la tête, de toute façon personne ne comprend”), et Hikaru faisait semblant de traduire… pour ma première réplique “je suis étudiante à Kyôritsu. Avant j’habitais Paris, pendant trois ans, et j’y ai appris le japonais, blablabla”, Hikaru a traduit “ah, heu…oui. Il parait qu’en France, il y a du vin qui sort des robinets”, et autres foutaises. Je ne vous montre pas cette vidéo, qui n’a aucun intérêt si vous ne comprenez pas le japonais…et puis surtout, j’ai honte tellement j’ai l’air minable…ne m’en veuillez pas.

En fait, les vidéos suivantes sont aussi minables, mais bon, allez, mon premier passage sur scène !  Mon jeu était tout à fait pourri, mais ne vous moquez pas trop. J’aimerais bien vous y voir.

J’ai fait de mon mieux, mais c’était quand même pourri. Voici une photo sur laquelle j’ai l’air de maîtriser mon truc et d’avoir presque la classe, mais en fait c’était pas du tout ça.

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J’étais la seule  non-asiatique de la salle (il y a toujours deux trois Coréennes et Chinoises par-ci par-là), cela va sans dire. Et comme pendant notre petit spectacle je n’avais parlé qu’en français, j’ai étonné tout le monde quand on a du passer devant la scène et répondre à des questions. On me pose timidement une question simple, avec l’air de dire “hum, va-t-elle comprendre mes paroles ?”, et je réponds… “watashi wa…” ce qui signifie simplement “je…”, quand partout dans le public j’entends des “oooooooh”. Genre “oh, mais elle parle ?”. Sans rire ? Vous savez pas la meilleure ? Je sais lire, aussi.

Heureusement les questions n’ont pas duré longtemps. Je suis retournée honteusement m’asseoir avec les filles du club, et on a écouté les prestations des autres clubs jusqu’à la fin. C’est qu’après ça, le jury délibérait, pour attribuer des prix (au Japon, on adore attribuer des prix pour tout et rien, dès l’école primaire). Prix de la meilleure interprétation musicale, prix d’encouragement (“encore un effort !”)… et prix pour la performance, le show d’introduction.

Hikaru s’attendait à obtenir un prix d’encouragement et a d’abord été très déçue…mais s’est vite reprise en entendant le nom de Kyôritsu cité parmi les trois prix pour le show ! J’aurais du m’en douter ! Non que c’était spécialement drôle (enfin peut-être que si, du point de vue du public), mais je crois qu’ils ont surtout voulu me récompenser d’avoir participé…parce qu’une blanche qui joue du koto, ils ne doivent pas en voir souvent…

Du coup, je n’ai pas eu d’autre choix que de descendre sur scène pour recevoir notre joli diplôme…quelle honte. Mais tout le club était drôlement content, c’est le principal. C’est bien la première fois que j’avais le sentiment d’avoir fait quelque chose pour contribuer à la victoire d’un groupe…

Et c’est de fort bonne humeur que nous avons quitté l’université Musashino.

J’en profite d’ailleurs pour dire (même si tout le monde s’en fout) que le club de koto de Kyôritsu a retrouvé une nouvelle jeunesse ! En effet, vous n’ignorez pas que la situation était préoccupante, du fait du manque de jeunes recrues. Sachez que depuis la rentrée (avril), une dizaine de filles de première et deuxième années ont décidé d’intégrer le club ! C’est sûrement le résultat de nos efforts acharnés en matière de distribution de tracts… et non ma performance dans le hall de la fac par un riant après-midi, qui a attiré autant de gens…


12 mai 2009

Ok, j’ai un peu traîné… ^^;
J’étais partie pour mettre en ligne une vidéo “amusante” de moi-même (comprendre : où on voit ma tronche), quand je me suis subitement souvenue de ma vidéo de sumo que j’avais plus ou moins promis de vous montrer.

Voilà. Je dédie cette vidéo à Bakumyna, qui est rentrée au pays depuis plus d’un mois, mais qui j’en suis sûre n’oubliera jamais le sumo… ;-)

Edit : je tiens à préciser que ce combat était bien plus long que la moyenne…la plupart se règlent en une poignée de secondes…
Et je remercie mon modeste appareil photo qui a bien fait son boulot.