J’ai fait ma rentrée à l’université pour filles Kyôritsu lundi dernier. Pour les Japonaises, c’était aussi la rentrée, celle du deuxième semestre.
Le matin, nous avons cours de japonais destinés spécialement à nous, étudiantes étrangères. Je vais nous présenter brièvement.
Il y a Aurore et Séverine de l’université de Genève, et Natalie et moi de Paris, qui sommes catégorisées “étudiantes étrangères”, et admises (tolérées ?) à Kyôritsu pour un an. La dernière des 5 étrangères est Bakumyna, du Bénin, inscrite comme étudiante temporaire ou je ne sais quoi, pour 6 mois.
Le matin, il y a donc cours de japonais. Pour l’instant, on n’en a pas encore vu grand chose. Cela dit, comme nous avons toutes des niveaux différents en japonais, je doute qu’on arrive à en apprendre beaucoup dans ces cours. Mais patience, nous verrons. Le reste du temps, nous pouvons choisir les cours que nous voulons parmi tous ceux que l’université propose. Personnellement je n’en ai choisi que deux : de la traduction français-japonais, et un cours sur la littérature japonaise du Moyen-Age, qui (hélas) est le samedi matin à 9h, autant dire que je risque de ne pas y aller la moitié du temps, non que je sois paresseuse, mais plutôt parce que j’envisage de partir en week-end aussi souvent que possible.
A quoi peut bien ressembler une université pour filles au Japon ?
Il faut d’abord savoir, pour bien comprendre la situation, que les frais de scolarité sont de l’ordre de 4000 euros l’année, autant dire une jolie somme tout de même. Celles qui rentrent ne sont pas malheureuses financièrement, ne vous inquiétez pas pour elles. Mais beaucoup sont des filles sans cervelle, du genre à se remaquiller pendant les cours, ou consulter leurs e-mails sur leur portable sans que le prof leur dise quoi que ce soit. Et pourquoi les laisse-t-on faire ?
Mais si, pensez aux frais de scolarité ! Même les filles écervelées rapportent de l’argent à l’université, et on ne leur en demande pas plus ! Si bien qu’ici, on ne punit pas les élèves, car ce serait perdre des clients. Mais alors, si un prof n’a pas le droit de punir une élève, me direz-vous, on leur offre aussi leur diplôme sur un plateau d’argent ? Oui. Ici, ce qui compte, c’est de réussir l’examen d’entrée. Du simple bachottage que la première crétine pourvue d’un peu de mémoire peut faire. Passé cet examen, plus d’inquiétude, le redoublement n’existe pas ici.
Cela dit, ce système est valable dans la plupart des universités japonaises, et pas seulement dans les facs de filles. Alors, qu’est-ce qui peut caractériser une fac de filles ?
Les séances de maquillage, quel que soit l’endroit ou l’heure. Aujourd’hui dans le hall d’entrée, j’ai vu , assise seule à une table, une fille sortir une grosse pince et se mettre à s’épiler les sourcils. Comment ne pas rire ? C’est tellement ridicule. Faut-il être coquette pour en arriver à de telles extrémités !
Autre chose : bien sûr je suis étrangère, donc de toute façon je suis regardée bizarrement. Et peut-être que dans une fac mixte, ce serait la même chose. Mais ici, personne ne m’adresse la parole. Aujourd’hui encore, j’étais en train d’attendre devant une salle de classe. J’attendais le prof, pour me présenter avant d’assister à son cours, et devant moi passaient plein de filles. Pas une seule ne m’a adressé la parole. Encore, quand nous sommes à discuter entre francophones, je comprends bien qu’elles n’osent pas s’approcher. Mais là, j’étais toute seule, inoffensive, mais toutes se sont contentées de m’ignorer.
Les filles, ça craint. Tout Français doté d’un minimum de cervelle et d’expérience de la vie (toi, lecteur-trice) sait qu’un milieu totalement féminin est toujours un peu tendu. Les filles adorent dire du mal des autres, surtout derrière leur dos. C’est valable au Japon aussi.
Il est bientôt minuit et j’ai sommeil, je vais donc aller me coucher. Bravo et merci à ceux qui auront lu cet article ennuyeux et incohérent jusqu’au bout.
Publié par akaitsuki
Publié par akaitsuki
Publié par akaitsuki